Electrabel / Suez
Edito
Le marché de l'électricité : marché Spot

Malgré des températures plus froides vers la mi-mars, les prix à court terme enregistrés sur Powernext ont affiché une moyenne pour la bande de base inférieure à 28 €/MWh de fin février au 23 mars 2007. En effet, depuis le début de l’année 2007, le marché spot n’a pas connu de facteurs haussiers. Aucun des facteurs perturbateurs du marché au comptant tels que des problèmes de production, des températures en dessous des normales saisonnières, des problèmes d’interconnections avec l’Allemagne ou la Belgique, ne s’est manifesté. En bref, une situation idéale pour

 

maintenir les prix très bas sur les marchés court terme !

Quant aux produits mensuels tels que les mois d’avril et mai, ils ont connu la baisse la plus significative sur le marché à moyen terme. En effet, encore à des niveaux de 30 €/MWh pour la base au mois de février, tous deux ont rejoint les prix du spot et fluctuent en fonction des prix réalisés sur le court terme, aux alentours de 26 €/MWh.



Le marché de l'électricité : marché à terme


La liquidité ainsi que le manque d’intérêt à l’achat sur les calendaires témoignent d’un marché long terme dans lequel peu d’acteurs semblent encore actifs.

On constate donc que les prix en France sont de plus en plus dépendants et réactifs aux hausses et aux baisses du calendaire allemand, nettement plus liquide.

  A titre d’exemple, la hausse récente des prix sur les calendaires 2008 et 2009 en Allemagne, directement impactés par les augmentations successives du gaz, du charbon et du CO2, ont vu les prix des calendaires monter au-dessus du niveau de 50 €/MWh pour 2008 et 2009.


Le marché du CO2

CO2 phase 1


Les prix du CO2 première phase restent sous la barre d’1€/tonne avec pour seuls mouvements observés des prises de position résiduelle par les « utilities » en fonction de leur production et des différences de   températures demandant un ajustement de leurs quotas CO2. L’offre reste toujours excédentaire sur le marché du CO2 pour la première phase et aucun changement majeur n’est attendu sur ce marché.



CO2 phase 2


Concernant les certificats pour la seconde phase 2008-2012, plusieurs événements sont à noter. Outre les nouveaux plans nationaux d’allocations arrivant au compte-gouttes depuis juin 2006, la Commission européenne analyse ceux-ci en détail et fait des contre-propositions aux différents pays membres. Ceci a pour résultat d’avoir un chassé-croisé de plans remodelés entre la Commission et les différents états membres. La résultante est qu’actuellement seulement 13 pays sur 27 pays membres connaissent leurs plans d’allocation définitifs.
Parmi les plans déjà confirmés par la Commission européenne, on constate en moyenne une diminution de 8% du nombre de certificats accordés par rapport aux plans soumis par les Etats membres. Dans la même optique, il est à noter qu’outre une diminution de leurs quotas d’émissions de CO2, la Commission à

  revu également le nombre de certificats JI/CDM à la baisse pour les Etats membres.

Au moment d’écrire cet article, les plans de la France, de la Pologne et de la Tchéquie sont sous la loupe de la Commission européenne. En ce qui concerne la Pologne, il n’est pas improbable que la Commission leur impose une baisse de 26.5 % par rapport à leur plan initial.
L’ensemble de ces annonces a eu pour effet de voir les prix de la seconde phase très spéculatifs et volatiles surfant sur les rumeurs et prévisions des analystes les plus divers. Néanmoins, plusieurs rapports semblent indiquer que la position sur l’ensemble de la seconde phase devrait être « courte » amenant immanquablement un regain d’intérêt pour l’achat de CO2 et par conséquent une hausse des prix.


Le marché du gaz


Les niveaux élevés de stockage et les températures relativement douces ont maintenu les prix du gaz à des niveaux très bas. Cependant, la situation a changé lorsque les prix trop bas ont forcé les fournisseurs à réduire leurs flux de gaz dans plusieurs pipelines. En conséquence, les marchés ont réagi directement et les prix à court terme sont remontés en flèche. Les prix à plus long terme furent également impactés par ce mouvement haussier mais aussi par l'évolution des prix du pétrole.
  Enfin, avec des prix plus bas que les prix « été », les producteurs de gaz ont dû réduire leurs injections de gaz en provenance de leurs stockages amenant une situation de pénurie permettant de soutenir les prix à court terme sur les marchés du gaz. L’effet escompté s’est produit puisque à la fois les prix du gaz court terme et long terme ont connu un mouvement haussier avec des niveaux proches sur le marché TTF de 20 €/MWh pour le calendaire 08 et de 10 €/MWh sur le marché court terme.

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