Christiane ALBERTI, Hervé CASTANET, Jean-Louis GAULT, Alain MERLET, Yves-Claude STAVY

il y a ce pas de Lacan. Schématisons-le. Temps I : en 1964 (Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse), la sexualité est prise dans les défilés du signifiant qui découpent la libido suivant une structure pulsative; temps 2 : en 1972 (Séminaire XX, Encore), par contre, le dire du sexe ne s'atteint que par la démonstration dont l'écrit est le support. Il n'y a plus de réalité prédiscursive. Les dits - qui sont toujours des dits de castration -, dans les années 1960, sont impuissants à tout significantiser du réel sexuel; dans les années 1970, ils cernent le dire comme impossible et le sexuel, comme rapport, ne peut être écrit. C'est un réel interne à la logique.
L’épreuve pour le sujet n'est plus la même: Lacan insiste moins sur la rencontre de l'horrible de la castration que sur l'épreuve d'une descente logique où le réel se démontre comme certain. Le réel que livre le Il n'y a pas de rapport sexuel procède des impasses logiciennes. D'où une nouvelle définition du sexe : « L’ab-sens désigne le sexe» (Lacan, «L’Étourdit»). Au point de l'écriture du rapport se démontre l'impossible à écrire le rapport sexuel.
En 1964, le sexuel est traumatique, par définition. En 1972, c'est
la langue qui est traumatique - c'est elle qui affecte le corps. Autrement dit, « La jouissance, elle aussi, relève du signifiant, mais à son joint avec le vivant» (J .-A. Miller). De cette nouvelle thèse, les textes réunis dans cet ouvrage tentent de tirer des conséquences pour la clinique psychanalytique.