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Interlude musical de Jérôme Noirez
Interview de Béatrice Nicodème
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Interlude musical de Jérôme Noirez :
Écrivain mais également musicien, Jérôme Noirez a pour habitude de composer une pièce musicale à chaque fois qu’il termine un livre, en guise de générique de fin. Il nous livre ici ce que lui a inspiré la conclusion de Fleurs de dragon (collection « Courants noirs », mars 2008).
(© Jérôme Noirez, mars 2008)
Interview exclusive de Béatrice Nicodème du 6 Février 2008 :
On me demande parfois pourquoi j’ai choisi de me consacrer au roman policier. En fait, les choses ne se sont pas passées dans cet ordre. Je ne me suis jamais dit : « J’ai envie d’écrire, quel genre vais-je choisir ? », mais : « J’ai envie d’imaginer des intrigues policières… je vais donc écrire ! » Ce désir est né dès ma découverte de l’univers du « polar », vers douze ou treize ans… même si j’ai attendu près de vingt années avant de concrétiser mon rêve.
J’ai commencé par l’univers des adultes, avant de m’adresser aux jeunes lecteurs avec Wiggins et le perroquet muet. Ce premier roman pour la jeunesse était déjà « historique », puisqu’il met en scène Wiggins, un gamin des rues – imaginé par Arthur Conan Doyle – qui vit à Londres à la fin du XIXe siècle.
Pour les adultes, ma première « aventure » historique a consisté en une série de cinq romans (coll. Labyrinthes, Le Masque), dans lesquels on suit les aventures d’une jeune aristocrate depuis la Révolution jusqu’à 1804.
Ce que je trouve intéressant, dans le roman policier historique, c’est que, d’une certaine façon, le contexte de l’époque (mode de vie, atmosphère, préoccupations des personnages, événements dramatiques) induit l’intrigue. Dans Ami, entends-tu…, par exemple, c’est en grande partie le désir de Félix d’entrer dans la Résistance qui l’entraîne dans des situations périlleuses. Ainsi l’intrigue n’est pas « plaquée » parce qu’on veut « faire du polar », mais découle naturellement du milieu dans lequel elle déroule.
J’aime mélanger histoire et fiction, faire se côtoyer mes héros et des personnalités historiques – bien que ce ne soit pas le cas dans Ami, entends-tu… Il me semble que cela donne à mes personnages une existence encore plus réelle.
Un autre intérêt de ce genre de roman est de montrer que, contrairement aux apparences, les lecteurs d’aujourd’hui ne sont pas si différents des jeunes qui ont vécu d’autres moments historiques. Wiggins, gamin des rues de la fin du XIXe siècle, a la même insolence, le même désir d’en remontrer aux adultes, le même goût de la transgression que bien des jeunes d’aujourd’hui. Félix, le héros de Ami, entends-tu…, est comme les adolescents de toujours : il veut être traité en adulte, recherche désespérément l’amitié d’un « grand », rêve d’exploits qui feront de lui un héros…
Lorsque je prépare un roman, je construis toujours mon intrigue avant de commencer l’écriture. Mais le roman historique implique au préalable une phase – souvent très longue – de documentation et d’immersion dans l’atmosphère de l’époque choisie. Tout au long de ce travail, des idées surgissent, des personnages se dessinent. Ensuite, il n’est pas plus difficile – ni plus facile ! – de les faire vivre que des héros aujourd’hui.
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Dernière modification effectuée le : Vendredi 25 Avril 2008 à 09:26