Sur le modèle de l’étiquette espagnole, les souverains français depuis la Renaissance ont multiplié les pièces précédant la pièce principale de l’habitation, la chambre : ce sont les anti-chambres. Rappelons brièvement qu’on en compte traditionnellement trois à Versailles pour chaque appartement de membre de la famille royale :

-la Salle des Gardes

-la Première Antichambre, où s’arrêtent les valets des courtisans et où les souverains mangent parfois, d’où son nom aussi de « Salon du Grand Couvert »

-la Seconde Antichambre, réservés aux courtisans d’où le nom qu’on trouve aussi de « salon des Nobles » pour la désigner.

Cependant, chez le Roi, c’est le nom de « Salon de l’œil de Bœuf « qui désigne cette Antichambre tout au long du XVIIIè siècle, à Versailles comme à Compiègne par exemple, où l’on ira jusqu’à créer de fausses ouvertures en forme d’œil de bœuf dans l’Antichambre du roi au moment de la reconstruction du palais dans les années 1780 pour en justifier le nom.

Cette grande Antichambre est cependant tardive à Versailles puisqu’elle ne date que des travaux de réaménagement de 1701, qui concernent aussi la création de la Chambre du Roi et l’agrandissement du cabinet du conseil au détriment du cabinet des Perruques.

Cette partie du château était occupée jusqu’en 1684 par la chambre et le cabinet de la Reine.

Louis XIV en fait alors, au nord sa chambre et au sud sa deuxième antichambre, appelée Salon des Bassans, du nom du peintre dont les tableaux ornent les murs.

En 1701, le Roi décide de repousser sa chambre dans le Salon central et les deux pièces sont réunies pour former une seule et vaste antichambre, l’œil de Bœuf.

La maquette a pour but ici de restituer le décor pictural et le mobilier du temps du Grand Roi. Cependant, pour le moment, seul un quart du salon, proche de la Chambre du Roi a été réalisé.





Antichambre de l'œil de bœuf