Le bosquet de l'Étoile semble bien avoir été installé en 1668: il est embelli en 1671 et doté de réservoirs particuliers.

Il devient alors, grâce à ses effets d'eau et à son rocher central, le bosquet de la Montagne d'Eau.

Il sera simplifié en 1704 par Mansart, perdant au passage ses effets d'eau, et gardera jusqu'à nos jours une très grande modestie.

À la suite de la dernière tempête du vingtième siècle il a été entièrement replanté et a retrouvé en partie le dessin original de Le Nôtre. En partie seulement car la restauration est inachevée à ce jour, la partie centrale n'étant qu'un pentagone herbeux...







Le bassin du dragon illustre le thème mythologique du serpent Python tué par Apollon pour venger sa mère Leto de l'affront commis par Héra.

Le dragon central est entouré de quatre dauphins et de quatre cygnes chevauchés par un enfant brandissant un arc en direction du dragon, le tout œuvre des frères Marsy.

Très endommagé à la révolution, l'ensemble a été reconstitué plutôt que restauré par Tony Noël au XIXe siècle.

Le bosquet du Labyrinthe est l'orgueil de Versailles, joyeux livre de fables destiné à l'origine à l'éducation du dauphin et à la distraction de la cour, aux multiples fontaines et au jolis treillages, imaginé vraisemblablement par Le Nôtre et inspiré par Lafontaine.

L'exécution des animaux polychromes qui le décorent est accomplie pour l'essentiel entre 1672 et 1673 par la brillante équipe constituée de : Massou, Le Gros, Mazeline, Tuby, Le Hongre, Houzeau, Desjardins, Blanchard et Marsy.

L'ouvrage s'achève en 1674 et 1675, où l'on ajoute des bancs et des figures, des inscriptions en lettres d'or, des rocailles, de l'émail ou de la peinture, et la curieuse machine des fables d'Ésope due aux orfèvres Mercadé et Ballin, sorte de feu d'artifice aquatique, animé de douze volatiles à l'entrée même du bosquet.

Louis XVI le détruira dès le début de son règne pour le remplacer par ce qui est devenu le triste bosquet de la reine.




L'ancienne "grande allée" qui sous Louis XIII formait l'axe du petit parc a été bousculée, élargie à 40 mètres, replantée entre 1667 et 1669 pour s'appeler désormais "Allée Royale".

La double rangée d'arbres qui, au delà du canal, conduit la vue jusqu'à Villepreux semble une allée pour des géants qui conduirait à l'infini...

En deux grandes étapes dont la première en 1668/1669, un premier bassin a été creusé, suivi en 1671/1672 du bras transversal et du prolongement final.

Tuby reçoit alors commande de deux énormes chevaux marins surmontés d'enfants, dessinés par Lebrun, et qui seront visibles depuis le château jusqu'à la fin de l'ancien régime.


Le plus curieux des bosquets, dont Mme de Montespan passe pour l'avoir inspiré, est sûrement le bosquet du Marais ou du Buffet.

Le motif central est composé d'un chêne-vert de cuivre et ferblanterie, peint au naturel et repercé de multiples jets d'eau. Des cygnes de plomb et d'étain paraissent nager sur le plan d'eau central d'où l'arbre émerge d'un amas de rocailles.Des roseaux de métal peint complètent l'artifice.

Des tables "à manger" et des buffets de marbre ornés de vases et de corbeilles où se mêlent le métal peint et doré, complètent le décor dont on n'est pas sûr qu'il fût du meilleur goût.

L'arbre finit par être fondu en lingots et, à partir de 1704 le bosquet abrita les groupes de l'ancienne grotte de Thétis qui avaient depuis été hébergés dans le bosquet de la renommée, devenu bosquet des Dômes.










Le parterre du midi, d'un luxe floral qui le fait dénommer parterre à fleurs, est encore limité à la terrasse qui surplombe la première orangerie.

Il est orné de ses anciennes grilles, du bassin de l'amour et de termes de pierre.












La Pyramide de Girardon est installée entre 1668 et 1670.
Le parterre occidental vient de prendre le nom de parterre d'eau et les dimensions qu'il conservera jusqu'à nous.

Le sol a été creusé de réservoirs pour permettre la mise en place d'un immense bassin. Des marches sont décidées pour exhausser le château neuf sur un socle de sept marches entre le bassin et la terrasse, cinq marches entre la terrase et le château. Ce perron monumental est si "justement" calculé par d'Orbay qu'il n'y aura plus besoin de jamais le modifier.

Il n'en va pas de même avec le tracé du bassin de Sybraïque, compliqué et comme étouffé de vases et de statues.

Près des marches qui descendent vers Latone ont été placé deux sphynx de marbre blanc que sont venus rehausser en 1670 deux amours en bronze doré.

En 1675 un globe de marbre blanc, sorte de cadran solaire calculé par le mathématicien Buot est placé entre les deux sphynx.




La grande Nappe d'eau ou cascade du bain des nymphes, nom qui lui fut donné en raison du panneau principal, l'un des chefs d'œuvre de Girardon, est mise en place en 1670, accompagnée de bas-reliefs de Le Gros et Le Hongre.

L'allée qui en descend vers le bassin du Dragon, est embellie et reçoit le décor qui va la rendre célèbre sous le nom d'allée d'eau, ou allée des marmousets.

Quatorze bassins circulaires symétriques, portés par des groupes de trois enfants sont posés en 1670. Ils ont été réalisés par Le Gros, Le Hongre et Lerambert sur des dessins de Lebrun et une idée de Claude Perrault.

Des vases de cuivre plantés d'ifs alternent de chaque côté de l'allée avec les groupes sculptés.





Le parterre du nord, déjà doublé de superficie, est apparu dans son tracé définitif lors de la fête du 6 septembre 1670.

Ses robustes broderies de verdure persistante lui ont valu un temps le nom de parterre en gazon.

Le bassin de la sirène qui figure encore sur le plan ne va pas tarder à disparaître.

Les deux bassins circulaires du bas sont décorés par Tuby et Le Hongre de tritons, sirènes et couronnes aux fleurs de lys, d'où sortent de nombreux jets d'eau. Les fleurs de lys seront supprimées à la révolution.




Dans les longues allées du nord au sud, au croisement avec les allées transversales, sur les adductions d'eau préparées pour les fêtes de 1668; les bassins des saisons sont décorés à partir de 1672.

L'importance accordée alors à ces travaux peut surprendre aujourd'hui. C'est que ces bassins ont été dépouillés d'une grande partie de leurs ornements qui, pour l'essentiel, ornent maintenant les bassins du Grand Trianon.

L'ouvrage a débuté par Cérès et Flore où travaillent Tuby et Regnaudin en 1672. Bacchus est commencé en 1673 par Marsy, et en 1674 Girardon s'attèle à Saturne qui lui sera payé 19.640 livres en 1679.









Dans la pente qui descend vers le bassin du Dragon a été aménagé le bosquet des "Berceaux d'eau" qui reçoit quelques aménagements en 1671 et 1672.

Les visiteurs y marchent sur une pente gazonnée que surmonte par endroits une voûte liquide.

Ce bosquet fera rapidement place au fameux bosquet des trois fontaines.






Des termes de marbre avaient été placés en 1667 autour du bassin en ovale du parterre de la demi-lune.

Le Nôtre est amené à redessiner de parterre, notamment en inversant l'orientation des branches qui étaient jusqu'alors tournées vers le château.

Dès 1668 les frères Marsy avaient commencé la réalisation du grand ensemble de sculptures qui va donner son nom au parterre: la Latone de marbre blanc, les paysans qui se changent en grenouilles, les tortues et les lézards de plomb qu'accompagnent des roseaux de laiton ou de fer blanc.













Le bosquet du Pavillon d'Eau est orné d'une fontaine décorée de dauphins dont les jets se rencontrent en une construction cristalline.
Le bosquet de l'Amphithéâtre ou Théâtre d'Eau est composé avec un luxe extraordinaire. Il était probablement le préféré de Louis XIV qui passe pour en avoir eu personnellement l'idée.

Vigarani en dirige l'exécution à partir de 1671 après présentation d'un modèle de Houzeau. Faisant appel aux techniques les plus avancées de l'époque, il compte 200 jets ce qui ne s'était encore jamais vu jusqu'alors.

L'aménagement des décors mêle la rusticité des rocailles au raffinement des décors sculptés, des jeux d'eau et des perspectives.

D'une grande complexité hydraulique, il a toujours été d'un entretien délicat et très coûteux qui effraya Louis XV.

Les figures des bassins ont été dispersées à la National Gallery de Washington et à Trianon.

C'est actuellement un terrain vague...






Le bosquet de l'Ile Royale, aussi appelé parfois Miroir ou Ile d'Amour a pris sa forme définitive peu avant 1674. Le bassin primitif était destiné à assainir le marécage de la partie basse du parc aux abords de la route de Saint Cyr.

De nouveaux travaux sont entrepris en 1674 et 1675. Le Nôtre a imaginé, au centre du plan d'eau, un îlot rectangulaire, entouré de nombreux jets d'eau "qui n'empêcheraient pas qu'on s'y promenât sans être mouillé".

Il y a ajouté un bassin supérieur qui est le seul à subsister aujourd'hui.








Un groupe colossal vient occuper l'ancien rondeau de l'ouest à la fin de 1670. Les plombs énormes de l'Apollon ou Soleil Levant seront complétés en 1671 par quatre baleines et quatre tritons, modelés, eux aussi par Tuby et, comme eux, bronzés par Jacques Bailly.

Un parterre d'arbres vient pincer la vue vers l'ouest et le futur Grand Canal. Il sera supprimé lorsque celui-ci sera réalisé.













La grotte de Thétis a disparu, remplacée par de nouveaux réservoirs que jouxte une pompe appelée tour d'eau.





La mise au point de la Salle des Festins a nécessité près de trois ans de travaux à partir de 1671, car de gros terrassements ont dûs être réalisés, non seulement pour la confection des réservoirs mais pour l'assiette du tertre principal.

Dessiné dans le même esprit que l'Ile Royale, il était constitué d'un long parterre central polylobé, isolé par un fossé, et de multiples jets d'eau, et relié à la terre ferme par des ponts tournants.

Également connu sous le nom de Salle du Conseil, il a pris en 1706 sa forme actuelle et le nom de bosquet de l'Obélisque.
Survolez le plan avec votre souris pour découvrir les lieux.
1674



Si le plan précédent correspond au Versailles de Lavallière, celui-ci est celui de Mme de Montespan.

Le petit "château de carte" a d'ores et déjà été enveloppé par Le Vau qui s'est servi des fossés pour définir les limites de qui ne sera bientôt plus que le corps central. La grandeur de Versailles est maintenant certaine...

La dissymétrie des deux parterres latéraux permet de deviner l'échelle colossale que le roi veut donner au Versailles de demain. Un rideau de sapins devant le parterre du nord maintient une illusion optique d'équilibre avec l'ancien bosquet du bois vert qui va disparaître.

Apollon règne sur le domaine avec l'aide de Le Nôtre.