Le dragon représente aussi bien les forces telluriques et les forces du champ éthérique qui descend du ciel, que les forces occultes enfouies au plus profond de l'être, à l'égal des forces spirituelles, non encore contrôlées par la raison, auxquelles elles s'opposent.

L’épée qui pourfend le dragon est le symbole de la parole divine. Comme la flèche d’Apollon, elle est le rayon de lumière qui le frappe en plein poitrail et brise les liens et les forces de l’ignorance et du doute, et permet d’accéder à la connaissance.

Chevaucher le dragon et le dompter, c’est maîtriser cette double énergie d'origine à la fois matérielle et spirituelle. Pour cela, il faut l'intelligence, la connaissance et la foi qu'apporte une démarche initiatique. Saint Georges et Saint Michel dans la tradition chrétienne, Saint Gabriel dans celle de l’Islam l’ont fait. Inversement, lorsque le dragon apocalyptique agresse la vierge ou apparaît chevauché par la Grande Prostituée cela signifie que la connaissance n’est plus maîtrisée et que les gardiens de la parole (l’épée) ont été momentanément vaincus. La vierge, symbole de lumière donc de connaissance, est elle-même menacée.



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Le dragon est présent, sous une forme ou sous une autre, dans toutes les cultures. Sa nature est double mais l'unité de cette nature s’articule sur des forces opposées, souvent nécessaires et fécondes dont le Dragon devient le médiateur.

La double nature du dragon fait de lui le gardien des forces cachées qui sont l'enjeu de durs combats. Mais son apparence terrible et redoutable est trompeuse. Il n’est que ce qu’on imagine, que ce que l’on craint. Il est lion et les forces de la terre, il est aigle et la puissance de l'air, il est force féconde des eaux et emprunte le corps du poisson, il est animé par le feu chthonien. Il n'est rien en lui-même et peut même n’être que de papier comme en Chine. Lorsqu'il est tué il se désintègre et il ne reste rien de lui.

On le trouve comme gardien de terres et de lieux où il n'y a ni bien ni mal, mais seulement des puissances magiques qui ne doivent être utilisées que par des hommes de connaissance, au cœur pur et pétri de sagesse. Ces territoires ou ces cavernes qu'il protège, recèlent des pouvoirs redoutables : ceux de la matière brute, qui bien que d'origine divine, sont terribles pour qui ne sait pas les maîtriser, ceux des savoirs accumulés qui peuvent devenir des armes redoutables s'ils sont utilisés par intérêt, orgueil, vice ou méchanceté.
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Par sa valeur initiatique, le thème du dragon transforme la lutte entre le chevalier et le dragon en un processus d'accession, dans une dimension spirituelle, à une connaissance et une sagesse par lequel l'âme se libère des chaînes du corps.

Le dragon demeure latent en chaque être, comme endormi et toujours prêt à se réveiller si on manque de vigilance, auquel cas le dragon se réveille. Celui qui n’est pas capable d’atteindre la lumière avec sagesse sera repris par les eaux primordiales. Elles peuvent reprendre ce qu’elles ont donné, c’est là le rôle de gardien des secrets divins.

Seul le héros, celui qui a été élu par les dieux du fait même de sa sincérité et de la pureté de son cœur, pourra grâce à des artifices et l’aide d’une femme (l’inconscient) réussir à tuer le dragon ou tout au moins à le vaincre et parvenir ainsi à s’emparer du trésor, lequel symbolise l’accession à l’immortalité (de l’âme) et à la connaissance suprême.







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