La fontaine de la pyramide est la seule des jardins dont l'eau ne jaillit pas vers les cieux: au contraire l'eau semble en descendre. Certains pourront même penser qu'elle trouve sa source dans la gueule du dragon : l'eau terrestre crachée par le Dragon a rejoint l'eau céleste et retombe des cieux sur cette fontaine.

Cette eau céleste représente symboliquement le verbe créateur. Elle coule du haut de la fontaine pyramidale et se répand sur la création symbolisée par quatre plans circulaires superposés. Elle se répand sur le monde terrestre qu'elle féconde.

Sur chaque plan, quatre entités. Le plus haut de ces plans est celui des premiers être vivants sur terre. Au deuxième plan nous trouvons des dauphins que nous savons être des intermédiaires. Sur le troisième plan nous trouvons des tritons, dont la queue, bien séparée en deux, fait passer du quatre au huit et plus encore car il y a là l'ébauche du cercle. Du quatre au huit : la quadrature du cercle ?

Le dernier plateau circulaire repose sur quatre pattes de lion (le lion est un symbole terrestre): les pattes reposent elles-mêmes sur une forme mariant le carré et le cercle.

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Cette pyramide nous fait comprendre que si nous voulons nous élever jusqu'à ce niveau de connaisance il va falloir passer par la quadrature du cercle et par des plans de régression. Mais c'est bien le type de raisonnement analytique dont il faut se méfier car cette pyramide nous dit aussi que l'inspiration vient d'en haut.
L'accès à la Connaissance divine doit se faire suivant un itinéraire manifestement paradoxal : plus je voudrais monter plus il me faudra descendre, plus je voudrais aller vers la connaissance plus je devrais me libérer des acquis, c'est à dire des savoirs, plus j'irai vers la connaissance plus je devrais oublier et trouver en moi l'ignorance, l'innocence, la virginité de l'enfant qui vient de naître (repensons à Mnémosyme et à Léthé). Plus je voudrais agir par la raison, plus il me faudra laisser parler mon intuition, mes sentiments, mes émotions, plus il me faudra être poète. Étymologiquement, le poète est celui qui "fabrique" le monde....
Ayant accédé à lumière du jour nous allons maintenant découvrir ce monde structuré par le nombre quatre, la matière, et le nombre six, les six directions de l'espace. Quatre éléments, quatre continents, quatre saisons, quatre poèmes, quatre tempéraments, quatre heures du jour, qui constituent la grande commande de 1674.

Pythagore: "les vers d'or"

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Entre l'eau du bassin et le premier plateau, nous trouvons la nature et la vie terrestre : les hommes n'y sont encore que des tritons en mouvement qui ne se sont pas encore libérés des eaux d'en bas.

Le reflet dans le bassin nous indique que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et réciproquement. L'allée des Marmousets nous a permis de progresser sur le chemin initiatique à partir des eaux d'en bas jusqu'au niveau des tritons, ce qui nous a permis de sortir des eaux et d'accéder à la lumière du jour. Nous avons traversé la surface du miroir constitué par le plan de l'eau du bassin. Nous sommes ces hommes tritons du premier niveau, au sein de la nature, si proches encore des eaux primordiales mais ayant au dessus de nos têtes une représentation de la quadrature du cercle. Encore plus au dessus, en haut de la pyramide, nous avons une représentation de la connaissance divine, de la connaissance absolue, celle que nous voudrions, tel Jason, conquérir comme il a conquis la Toison d'Or.

Cette pyramide ne peut que perturber par son aspect paradoxal : lorque l'eau ne coule pas,elle attire vers le haut. Lorsque l'eau coule, elle entraîne vers le bas, créant un rideau circulaire, flou, complexe qui cache la structure interne de la pyramide.

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