Au plus bas de notre descente, voici Apollon sur son char, voici le dieu de la Lumière, le Soleil. Apollon est au centre d'un groupe statuaire, entouré de quatre dauphins et de quatre hommes musclés qui soufflent avec force dans des trompes pour annoncer le retour du Soleil, le retour de la Lumière.
Alors que ces hommes s'époumonent et ne font que du vent, remarquez l'humilité du maître de la lumière, symbole de l'intelligence et de la raison. Il a le regard baissé, il semble le plus humble de tous. Maîtrisant d'une main légère ses quatre bouillants coursiers, il semble tout à la fois sûr de lui, plein de sagesse et de détermination.

Apollon, sur son char, émerge de l'eau qui le reflète. Il traverse le miroir de la surface du bassin. Avec son trident, Neptune faisait jaillir de l'eau un feu destructeur. Apollon, lui, naît de l'Eau et du Feu. Il est lui-même feu de la Lumière. Il va éclairer le monde et le révéler à ceux qui pourront le voir, et révéler au monde la Lumière à ceux qui pourront la recevoir. Le nombre quatre le gouverne.
Mais vous avez, bien sûr, remarqué que si la course du soleil se déroule d'est en ouest, ici, Apollon sur son char est lancé dans une course d'ouest en est !

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Il faut donc que le chercheur de vérité connaisse la loi des inverses pour ne pas confondre le reflet avec sa source. Pour cela, il lui faut inverser un principe déjà inverse pour retrouver l’image originelle. Mais attention, il ne faut pas , comme Narcisse, tomber amoureux de sa propre image, de son reflet; le risque est grand de tomber dans cette eau, véritable miroir, et d'y périr noyé.

Inverser ce qui est déjà inverse c'est faire sortir la lumière de la matière ténébreuse.

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Erreur ou intention de l'architecte ? On pourrait se contenter se dire que son intention n'était qu'esthétique et que sa volonté était de présenter l'ensemble au regard des touristes sans qu'ils aient à faire le tour du bassin. Mais ...

Mais, la course d'Apollon, orientée d'Ouest en Est nous indique que avons traversé le miroir et que nous sommes dans notre monde intérieur, dans le monde des idées, reflet symétrique de la réalité matérielle, de la création. La création est le miroir de Dieu, elle n'est que son reflet, que l’image inversée du Créateur.
Gardons conscience que nous sommes dans un voyage intérieur qui nous a conduit ici au plus bas, au plus profond de nous-mêmes et dans notre inconscient, à la quête de nos origines, de notre innocence originelle, au contact du Principe, petite Lumière divine, indispensable au Grand Oeuvre. Nous avons bu les eaux de Léthé et nous nous sommes baignés dans un bain purificateur avec les Nymphes de Diane. Dans le bassin de la pyramide nous avons vu, au plus profond, le reflet de la Lumière divine, Lumière céleste, Lumière d'en haut que les Marmousets n'ont pu atteindre.
N'ayant rien pour nous élever et nous transporter vers elle, nous avons traversé le miroir, pour aller, au plus
profond chercher ce feu d'en haut en sachant que, derrière le miroir, nous ne pouvions même pas en saisir le reflet et que donc le voyage initiatique commençait : connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux ! Notre voyage introspectif nous a fait remonter le temps: rappelons nous que nous avons successivement rencontré l'été puis le printemps. Nous l'avons même contracté jusqu'à l'arrêter : ici, il n'y a plus de temps ! Si nous voulons poursuivre, il nous faut maintenant reprendre le fil du temps à partir d'une nouvelle origine.

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