Dans la conception archaïque du cosmos, les générations humaines se succèdent en se renouvelant les unes dans les autres par une circulation incessante entre morts et vivants : le temps des hommes paraît alors s'intégrer dans l'organisation cyclique du cosmos.

Alors, dans ses émotions, l'individu se sent emporté par un flux mobile, changeant, irréversible. Dominé par la fatalité de la mort qui en oriente tout le cours, le temps dans lequel son existence se déroule lui apparaît comme une puissance de destruction, ruinant irrémédiablement tout ce qui fait à ses yeux le prix de la vie et, fuyant sans retour au long d'une ligne irréversible, met en cause l'idée d'un ordre tout entier cyclique, d'un renouveau périodique et régulier de l'univers.


C'est pour cela qu'on représente souvent Chronos par un serpent fermé en cercle sur lui-même (l'Ouroboros).



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Saturne pour les Romains, mais Cronos pour les grecs, était le plus jeune des Titans, fils d'Ouranos et de la Terre-Mère. Un jour, il voulut venger les Cyclopes qu'Ouranos avait jetés dans le Tartare, sombre lieu souterrain aussi éloigné de la terre que la terre l'est du ciel. Armé d'une faucille en silex fabriquée par la Terre-Mère, il coupa les testicules d'Ouranos endormi et interrompit la succession des générations. De fait, il potentialisa et circularisa le temps qui ne pouvait plus s'écouler.
Mais la Terre-Mère et Ouranos mourant, avaient prédit à Cronos que l'un de ses propres fils, un jour, le détrônerait. C'est pourquoi, chaque année, il dévorait ses enfants que Rhéa mettait au monde et lui livrait dans un sac. Ce fut d'abord Hestia puis Démeter et Héra puis Poséidon.

Rhéa en était furieuse. Lorsqu'en pleine nuit, sur le mont Lycée en Arcadie, elle mit au monde Zeus, son troisième fils, elle le transporta à Lyctos en Crète où elle le cacha. Là, la Terre-Mère le confia aux soins de la nymphe Adrastée et à sa sœur Io ainsi qu'à Amalthée, la chèvre, qui était aussi une nymphe. Lorsqu'il devint le maître de l'univers, Zeus, reconnaissant, plaça Amalthée parmi les étoiles : elle devint la constellation du Capricorne.

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ce que l'on raconte encore de Saturne : pourquoi il a avalé et vomit ses enfants, ainsi qu'une pierre à la place de Jupiter, pourquoi il est l'inventeur de la vérité, pourquoi il a pour attributs la faux, le serpent, la couleur noire, la tristesse et des jambes flageolantes.
Les mythologues croient donner de cela l'interprétation la plus excellente : le temps disent-ils découvre la vérité et l'arrache aux ténèbres, il s'écoule en se déroulant comme un serpent, il anéantit toute chose par la mort, comme à l'aide d'une faux, il dévore ses enfants, c'est à dire toute chose qu'il a engendrées, il ne peut digérer c'est à dire faire disparaître les pierres dures, donc en quelque sorte il les vomit.
Les philosophes expérimentés déclarent pour leur part que Saturne est le premier à se présenter dans leur oeuvre. S'il est vraiment là on ne peut se tromper et la vérité a été trouvée dans les ténèbres. Selon eux il n'est rien de plus excellent que le Noir, c'est pourquoi ils disent : "toute couleur qui surviendrait après la noirceur est digne d'éloges dans l'assemblée des philosophes. Et lorsque tu auras vu la matière devenir noire réjouis toi car c'est le principe de l'Oeuvre..."

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Mais prévoyant que Cronos allait venir réclamer sa progéniture, Rhéa mis dans le sac une grosse pierre enveloppée d'un lange. Elle donna le tout à Cronos qui l'avala, croyant que c'était le jeune Zeus. Comprenant qu'il avait été trompé, il se mit à la recherche de Zeus qui s'était changé en serpent.

Ayant atteint l'âge d'homme, Zeus voulu se venger. Rhéa lui procura le breuvage émétique à mélanger à la boisson au miel que Cronos aimait. Ayant largement bu, Cronos vomit d'abord la grosse pierre puis les frères et les sœurs aînées de Zeus.

Michael Mayer, dans son Atalanta Fugitive (Discours XII) dit ceci : " Nous rencontrons l'allégorie de Saturne interprétée de diverses manières. Les astronomes l'ont appliquée à l'astre le plus haut dans l'ordre des planètes, les apprentis chimistes au métal le plus bas à savoir le plomb. Les poètes païens l'ont tenu pour le père de Jupiter et le fils du ciel, les mythologues ont vu en lui le temps. Tous paraissent avoir pensé d'une façon juste à leur point de vue et possède des justifications satisfaisantes de leur opinion,cependant ils n'expliqueront pas

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